Bailleul, FR
Au sortir des violents combats de la Première Guerre Mondiale, 98% de la ville de Bailleul est rasée, et on compte plus de 500 morts parmi les soldats bailleulois, auxquels s'ajoutent une cinquantaine de victimes civiles. Dans un jardin dont le tracé des allées et des plantations évoque un plan d'ég
lise - rappel de l'église Saint-Amand dont il occupe l'emplacement - le monument conçu dans le style régionaliste par le sculpteur Debert avec l'aide de l'architecte Jacques Barbotin se présente comme une ruine. Édifié entre 1924 et 1925, sa maçonnerie mêle des briques neuves à des pierres provenant d'édifices bailleulois ruinés par le conflit. Sur la façade principale est plaquée une statue de Victoire en bronze, très expressive et typique des allégories académiques. Elle rappelle que la victoire de 1918 a été acquise grâce à un coût humain et matériel très élevé. La citation de la ville, qui reçut la croix de guerre, figure en bonne place sur la façade. Cas quasiment unique en France, les ruines ne sont pas sculptées, ni symbolisées, mais constituées en partie de véritables décombres du conflit, matérialisant de façon saisissante la réalité de la guerre. Le monument a aussi la particularité d'intégrer dès l'origine la commémoration d'un autre conflit franco-allemand, la guerre de 1870, pour réutiliser les crédits d'un monument détruit par la Grande Guerre. Par la suite ont été ajoutées des commémorations d'autres conflits (Seconde Guerre mondiale, guerres de décolonisation), dans
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