Rauret, FR
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’église paroissiale de Rauret, village du Velay aux confins de la Haute-Loire et de la Lozère, se révèle trop petite. Régis Roche, architecte au Puy-en-Velay, propose en 1919 l’adjonction d'une nouvelle chapelle à l'église, qui formerait le bas-côté sud
de la nef et serait construite à la mémoire des morts pour la France. Le préfet, voyant dans ce projet un moyen détourné pour financer l'agrandissement et la consolidation de l'église, refuse d’accorder la subvention ministérielle pour cette chapelle qui n’a de « monument aux morts » que le nom. La commune décide alors de construire à ses frais l'extension de l'église et d'y adosser, à la manière d’un portail latéral sur la façade ouest de l’église, un monument aux morts dessiné par l'architecte Roche et confié à Jean Arnaud, marbrier au Puy. Sculpté en pierre de la carrière locale de Jagonas et achevé en 1926, le monument de Rauret prend la forme d’un sobre enfeu flanqué de deux colonnes à chapiteaux de feuillages, qui portent un arc à voussure polylobée abritant un cénotaphe. Le fond de l’enfeu est gravé au nom des enfants du village morts pour la France. Le monument montre un grand souci du détail ornemental (archivolte ornée de boules, tailloirs ornés) qui puise aux sources de l’art roman du Velay et fait écho, par exemple, au portail de l’église Sainte-Foy de Bains, à côté du Puy. Il témoigne ainsi dans la pierre de la redécouverte du style roman vellave, initiée vingt ans plu
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